Kisinis Web Art, le site des arts et des artistes

   La parole est à l'artiste, Kisinis Web Art © Michel Kisinis   

L'Art sur Internet


© Michel Kisinis, Kisinis Web Art


Sites fantômes et sites zombies

Les sites d'art se multiplient actuellement. Chacun veut montrer ses oeuvres au monde entier, dans l'espoir d'une reconnaissance, de propositions d'expositions, ou mieux, de ventes. Différentes stratégies sont développées par les artistes, avec différents buts, plus ou moins réalistes, plus ou moins vénaux. Les plus sincères montrent tout simplement leurs oeuvres en espèrant qu'elles seront appréciées et aboutiront peut-être à un contact avec une galerie ou un acheteur. Les plus intéressés fabriquent des sous-oeuvres sensées plaire au plus grand nombre et par conséquent destinées à être vendus en grand nombre, tels ces portraits de vedettes de cinéma ou de mannequins, d'émouvants petits chiots, des chevaux galopants dans des près vert pomme, ou bien des paysages sans âme au ciel plombé.
Je ne ferais pas l'énumération de tout cela, je vous laisse le soin de découvrir la diversité de la création artistique qui investit Internet. Je préfére parler de deux types de sites d'art bien particuliers. Il s'agit des sites fantômes et des sites zombies. "Bon dieu ! Des fantômes et des zombies ?!!!" Je vous entends vous exclamer à travers l'éther numérique qui nous sépare. Préparez-vous à être traumatiser ! Ils sont là, autour de nous, et nous ne les voyons pas... Enfin si, moi, Michel Kisinis, je les vois !

Sites fantômes
Dans le Littré, à "fantôme", il est dit "personne très maigre", "personne qui n'a que l'apparence de ce qu'elle devrait être". Voilà qui résume bien la nature des sites fantômes. Ceux-ci ne contiennent pas grand chose, qu'ils soient propriété d'un artiste ou d'une entreprise. Certains n'ont aucune apparence... beaucoup d'autres ont l'apparence de sites d'art, un graphisme soigné, superficiel, afin de voiler le vide qu'ils cachent. Mais au bout de quelques clics, la réalité est là !
Site fantôme d'un "artiste", celui-ci essaye vainement de combler le néant de son site en demandant aux éventuels artistes visiteurs l'aumône d'une reproduction de peinture ou bien d'un poème. J'en ai même vu un qui utilisait le nom d'un artiste très célébre dans le titre du site, alors que le site ne contenait aucune oeuvre de cet artiste, et qu'il n'y avait d'ailleurs aucune oeuvre de qui que ce soit à l'intérieur. Mais là, il s'agit d'un cas extrême.
Site fantôme d'une entreprise, il est le résultat d'un hypothétique investissement rentable dans le domaine de l'art fait par des gens qui n'en ont qu'une très très vague idée. Des investissements ridicules ayant été vite engoufrés dans la construction du site et l'insertion d'une dixaine d'oeuvres par un "webdesigner" professionnel, le site reste figé pour une durée indéterminée. D'aucuns en sont réduits alors à demander aussi l'aumône d'oeuvres aux rares artistes qui se seraient égarés là par hasard. Au prochain renouvellement de nom de domaine ou de l'annuité d'hébergement, le site aura disparu. Qui s'en souviendra ?!!!

Sites zombies
Dans l'encyclopédie Hachette Multimédia, à "zombie" : "mort-vivant (cadavre animé par un «esprit» et agissant comme un robot)", "par extension, personne apathique, sans énergie". Vous vous demandez qu'est-ce que peut bien faire un zombie avec l'art ? C'est simple, il s'agit d'un faux site, sans vie propre, un hameçon. Le principe est le suivant : à travers une structure inexistante, qui ne sert qu'à appâter les clients potentiels, une entreprise essaie de vendre ses produits en imposant une visite de son site commercial. Quelques entreprises américaines se sont spécialisés dans ce genre de développements.
Une personne (généralemment ce n'est pas un artiste) ouvre un site avec peu de place. Cela ne lui servirait à rien car il n'a aucun contenu propre et cela lui coûte donc très peu cher en hébergement. Il s'inscrit dans le site de l'entreprise qui vend des produits "culturels" et programme une présentation de vente en ligne avec les articles ou le type d'articles exposés dans son "profil". Une fois tout cela correctement programmé sur le site du "vrai vendeur", cette personne n'a plus qu'à faire la promotion de son "site d'art" et à toucher son pourcentage sur les ventes ainsi générées.
Certains habillent leur site zombie par quelques textes sur l'art, plus ou moins intéressants, d'autres cachent le système, mais à chaque fois, dès que l'on clique sur une image, la réalité surgit avec les tarifs de vente. L'entreprise n'a rien dépensé (mis à part son système complexe de programmation) et bénéficie ainsi d'une multitude d'agents à travers le monde, payés à la commission.
Le principe même de ces sites zombies est contestable. Il s'agit en fait de tromper les visiteurs afin de les obliger à visiter un site de vente en ligne, sans tenir aucun compte de la volonté du visiteur qui n'a pas le choix.

Apparences
Sur Internet aussi, tout est apparence. C'est la base même de la tromperie. Et ce qui pourrait caractériser un "vrai" site d'art, ce n'est pas le nombre d'oeuvres exposés (question souvent posé !), ni la périodicité des nouveautés mises en ligne, la complexité de la programmation du site ou celle de son graphisme, mais plutôt la sincérité de son auteur et l'authenticité de son oeuvre.

Vous pouvez m'écrire à Michel Kisinis, qui que vous soyez : fantôme, zombie, artiste, marchand, citoyen, etc.

© Michel Kisinis

© Michel Kisinis

Kisinis Web Art, le site des arts et des artistes